Éditions Belfond

370 pages

22.50 euros

Octobre 2013

 

 

 

 

 

 

 

Résumé :

Peut-on jamais réinventer sa vie ?

Laura et Richard.

Deux inconnus à un tournant de leur existence.

Deux êtres, l'un et l'autre enfermé dans son couple.

Un homme, une femme.

Une rencontre, l'espoir qui renaît.

Mais sommes-nous libres de choisir le bonheur ?

 

Cinq jours, l'histore d'une passion. 

Le roman le plus bouleversant de Douglas Kennedy.   

 

Mon avis :

Après avoir beaucoup aimé "La femme du Vème", j'avais hâte de découvrir un autre roman de cet auteur et celui-ci me faisait de l'oeil depuis longtemps du haut de ma bibliothèque. Ayant été tout particulièrement attirée par les deux principales questions qu'il pose "Peut-on jamais réinventer sa vie ?" et "Sommes-nous libres de choisir le bonheur ?", j'ai été agréablement surprise de lire que ce roman permet une petite réflexion sur certains aspects de la vie sans pour autant en devenir philosophique ou moralisateur, mais simplement en nous confrontant à des situations du quotidien que tout le monde peut avoir connu.

Comme le titre l'indique, l'histoire de ce "roman sentimental" -  qui est bien plus que cela, à condition de le lire avec attention - se déroule sur cinq jours, du jeudi au lundi. Bien que celui-ci soit concentré sur une très courte période, l'histoire est riche notamment grâce aux récits de la vie des personnages mais également très détaillé et descriptive, nous permettant un petit voyage au coeur de la Nouvelle Angleterre.

Ces cinq jours, nous les suivons grâce au récit à la première personne de Laura, une technicienne en imagerie médicale de 42 ans, mariée à Dan et mère de deux enfants. Nous assistons à ses difficultés, d'ordre professionnel dans un premier temps car bien qu'elle soit très compétente, elle commence à se laisser submerger par les émotions que lui provoque la réalisation de scanner déterminant souvent l'avenir des personnes prises en charge. Mais ses problèmes sont aussi personnels, principalement avec son mari depuis que celui-ci a perdu son emploi.

"Dan Warren. Mon mari depuis vingt-trois ans. Au chômage depuis maintenant dix-neuf mois, des mois qui m'ont paru très longs en raison de sa nouvelle propension à changer brusquement d'humeur."

Profitant du désistement de son chef, celle-ci décide partir à Boston pour un séminaire professionnel mais aussi et surtout pour échapper à la routine de son quotidien le temps de quelques jours. Mais son séjour va s'avérer plus surprenant que prévu notamment grâce à sa rencontre avec Richard, un assureur qui ne l'a laissera pas indifférente.

"Une vague attirance entre deux étrangers devant patienter un long moment dans une file d'attente tout en sachant que leurs chemins respectifs vont se séparer d'ici un quart d'heure." 

Malgré ses réticences, Laura aura la volonté de profiter de ce week-end qui s'offre à elle comme une échappatoire, culpabilisant un peu mais prenant également davantage conscience de la dégradation de son histoire avec Dan. Très vite, elle et Richard vont se rapprocher, partager le même amour des mots, la même culture, les mêmes goûts littéraires. Ils vont échanger sur leurs souvenirs, leurs premiers amours, leur couple respectif, leurs enfants. Passant la majorité du temps ensemble, se sentant bien ensemble mais mal dans leur vie, ayant l'impression d'être passés à côté du bonheur mais ayant la volonté de changer, ils vont faire des projets mais les choses n'évoluent pas toujours comme l'on pourrait s'y attendre ...

Finalement ces cinq jours auront bouleversé le court de leur vie. Et même si la fin n'est pas celle à laquelle nous aurions pu nous attendre, elle nous rappelle l'importance de nous réjouir d'être en vie, et l'importance de l'espoir.

"Existe-t-il quoi que ce soit de plus horrible que la fin de tout espoir ?"

 

Ce roman aborde également des thématiques comme la perte de ses rêves de jeunesse, les chagrins d'amour, l'importance de la prise de risque et notamment en amour, l'envie de changer et la peur de le faire mais surtout le droit au bonheur en nous rappelant quelques petites choses essentielles :

"Même quand tu te dis: "Eh bien, c'est ça, ma vie, maintenant", tout peut changer en une seconde."

"La vérité, c'est que nous avons tous bien plus de possibilités que ce que nos croyons, ou que nous sommes prêts à reconnaître."

"Parce que le grand espoir, cela reste de trouver quelqu'un avec qui traverser tous les mauvais moments que la vie vous réserve. Mais c'est peut-être aussi le conte de fées le plus irréaliste qui soit."

"Nous sommes les seuls responsables de notre bonheur. Cela signifie aussi que pour être heureux, il faut le vouloir."

"Chaque existence est un roman en soi, et même si nous avons du mal à l'admettre, chacun de nous détermine en grande partie la progression du récit, les renversements de situation."

J'ai finalement relevé deux phrases qui pourraient résumer ce qu'il est possible de ressentir après avoir fermé ce livre. Sans forcément connaître exactement la même situation que Laura, ce livre est un livre qui marque et qui peut laisser une petite trace ...

"A la fin on a l'impression de connaître ces deux femmes, elles nous sont presque "trop" familières, parce que leur trajectoire fait écho à tous les mauvais choix que nous faisons nous-mêmes, toute la déception qui est au coeur de la vie de chacun."

"Si ce livre m'a touché à ce point, c'est parce qu'il traite de l'absurdité de l'existence, de la manière dont les gens avancent dans la vie en faisant le contraire de ce qu'ils désiraient et en se demandant pourquoi ils ont l'impression d'avoir échoué."

 

Et pour finir, un petit poème se trouvant dans ce roman :

Certains disent que le monde finira par le feu

Certains disent par la glace.

De ce que je connais du désir, je penche pour le feu,

Mais si je devais deux fois périr

Je crois assez connaître la haine

Pour soutenir qu'en matière de destruction

La glace fait aussi merveille et peut amplement suffire.