Résumé :

C’est l’histoire d’un homme qui aime les rousses. Petite ou grande, svelte ou dodue, jeune ou moins jeune, peu lui importe… pourvu qu’elle soit rousse. Inscrit sur Meetic où il discute avant de faire l’amour avec des rousses sans aucun autre critère de sélection que la couleur de leurs cheveux, il n’est pourtant jamais rassasié de leurs charmes. Qui se cache derrière ce collectionneur de rousses ? Obsédé sexuel monomaniaque ? Don Juan du site de rencontres ? Entomologiste de la femme rousse ? Le sait-il seulement lui-même ? Son parcours initiatique dans les arcanes de la rousseur le lui dira. À la croisée du roman obsessionnel, du carnet de route pornographique et du road-movie introspectif, Pourvu qu’elle soit rousse se veut avant tout un éloge féministe de la différence et de la singularité.

Mon avis :

J’ai choisi de lire ce livre juste après « misere-sexuelle.com » pour rester dans la continuité du sujet sur les sites de rencontres bien que celui-ci ait été écrit avant le précédent et qu’il ne cible qu’une seule catégorie de femmes : les rousses, peu importe leur physique ou leur âge.

Nous commençons donc notre lecture du récit de Stéphane Rose qui nous explique comment est née son attirance pour les femmes rousses, sa découverte à 30 ans, avec Anaïs, de leur charme particulier. Il nous démontre à quel point les rousses sont plus coquines que les blondes ou brunes, et nous comprenons bien que c’est un des aspects qui l’attire vers elles.

« Coquines, les rouquines ? La science est affirmative. »

« La vie sexuelle de femmes avec les cheveux roux est clairement plus importante que celle avec une autre couleur de cheveux. Elles sont plus actives, ont plus de partenaires et font l’amour plus souvent que la moyenne.»

Anaïs, cette femme, cette rousse à l’esprit libre qui ose et qui assume ses envies, qui n’hésite pas à utiliser l’auteur comme un jouet sexuel et à lui faire part de tous ses désirs pour notre plus grand plaisir.

« - Frappe-moi

- Tu veux que je te frappe vraiment ?

- Oui, que tu me fasses mal.

- Au visage ?

- Oui. Mets-moi une gifle, et fourre-moi ta queue dans la bouche avec autorité. Et si tu estimes que je te suce mal, remets-moi une gifle. Je suis ta pute, c’est le minimum que je te suce correctement, non ? »

Mais la passion avec Anaïs fini par s’essouffler et les mener à la séparation. Stéphane Rose décide alors de s’inscrire sur Meetic afin de rencontrer des femmes rousses avec l’espoir de retrouver l’odeur si particulière qu’avait Anaïs. Il envoie donc 1003 mails à 1003 rousses, et décide, suite à leurs réponses, de faire ce livre, qui n’est pour lui qu’un témoignage. « Celui d’un homme que les aléas de la vie ont conduit à croiser la route d’une rousse, lier connaissance intime avec elle, la quitter et souffrir. »

Dans ce témoignage, donc, l’auteur nous relate ses rencontres, plus ou moins agréables, mais toujours de façon sincère. Il nous parle de ses déceptions, de ses doutes mais également de son plaisir de retrouver cette odeur chez certaines femmes.

Claire, Delphine, Solange, Brigitte, Elodie, Sylvia, Laure, toutes ces femmes qu’il ne pourra pas s’empêcher de comparer avec Anaïs. Ces femmes, avec qui il vivra des aventures plus ou moins satisfaisantes, lui permettront de se remettre en question et de comprendre d’où lui vient son obsession, son addiction. A travers son récit, celui-ci nous livrera donc une véritable analyse psychanalytique de ce qu'il a vécu.  

Comme dans le précédent ouvrage que j’ai lu de cet auteur, j’ai aimé sa façon de s’exprimer, sa capacité à ne pas avoir peur des mots, et à les utiliser à bon escient sans jamais devenir vraiment vulgaire.

« Le problème, c’est qu’une rousse ce n’est pas exactement Madame Toulemonde, …, et c’est peut-être justement pour ça que, pour prétendre à l’enculer, il faut avoir le cran de l’aimer. »

« - Tu veux m’attacher comme un chien ou comme une chienne ?

Le regard ostensiblement lubrique avec lequel elle enroba sa question me mit d’humeur à la tirade théâtrale. 

-  Comme une chienne, mon amour, comme une chienne. Je veux te priver de ton autonomie. Je veux que tu sois là, dans ma piaule, attachée sans pouvoir bouger plus loin que les chiottes pour aller pisser. Je veux me doucher, m’habiller, sortir, vivre ma vie sociale dehors, et revenir le soir, tard, et te retrouver là, à poil, enchaînée, t’amener à moi en attrapant la chaîne, un peu brutalement, te foutre à genoux, me désaper, et me vider les couilles dans ta bouche. »

De plus, bien que ça ne soit pas le but principal du livre, celui-ci contient quelques scènes de sexe directes et excitantes.

«J’étais fou d’elle quand j’enculai Anaïs pour la première fois dans son petit appartement d’étudiante, en levrette et face à un miroir, dans le reflet duquel je la regardais gueuler son plaisir de se faire élargir l’anus sous une pluie d’injures et de claques sur les fesses. » 

Je regrette simplement de ne pas en avoir eu assez.

« Je renonce à écrire la scène la plus bandante de ce livre ».

Au travers des pages, Stéphane Rose dénonce l’hostilité de certaines femmes au féminisme, le manque de curiosité des femmes vis-à-vis de l’exploration de leur plaisir et les conséquences sur leur vie sexuelle.

« Elles se placent alors de fait dans une posture de réceptacle à foutre, asservies sans vraiment s’en rendre compte à la loi de la perpétuation de l’espèce, le désir bridé par des siècles d’obscurantisme religieux et de bienséance sexuelle dogmatisée. »

Mais il dénonce aussi et surtout la « roussitude », accompagnant son propos d’un peu d’histoire, de témoignages et de références mais toujours sur un ton frais et léger.

En plus de passer un agréable moment de lecture, d’être excitée, j’ai également bien ri, toujours fan de l’humour et du cynisme de Stéphane Rose. 

« Le jeu qui consiste à exciter son partenaire sexuel en le couvrant de mots grossiers et obscènes porte un nom : la coprolalie. Quel mot ravissant ! On dirait le prénom d’une petite fille. On l’imagine la petite Coprolalie, âme pure et innocente, courant dans les prés verdoyants en riant. »

« Mas je n’avais pas envie de m’endormir avec elle après avoir joui, de peur de me réveiller à ses côtés en poussant un hurlement à la découverte de son visage hideux le lendemain matin. »

Voici donc un livre un peu différent, truffé d’anecdotes et de références culturelles, qui ne ressemble à aucun autre mais qui n’en est pas moins plaisant. J’ai apprécié entrer dans l’univers de l’auteur, partager ses souvenirs, son obsession qui peut sembler étrange mais reste très excitante. Encore une fois, la plume de Stéphane Rose est fluide, agréable, décalé mais de qualité.

Ce livre me sert d’introduction au prochain livre de cet auteur que je lirai : Défense du poil contre la dictature de l’épilation intime.

«Il y aurait pourtant d’intéressants sujets à écrire sur le poil et ses amateurs, bien plus nombreux qu’on ne le pense, nostalgiques des belles mottes touffues telles que l’on en voyait encore dans les films X des années 1970. »  

Je remercie La Musardine et Stéphane Rose pour ce « bouquin sympa » ;) !