Résumé :

Les sexes féminins foisonnants des années 70, c’est fini ! Après avoir plébiscité le maillot brésilien puis le « ticket de métro », en 2010, les femmes succombent en masse à l’épilation intégrale. Si la presse féminine en fait chaque semaine son beurre dans ses pages « beauté » ou « bien-être », le phénomène mérite d’être sorti du cadre de l’intime pour être observé à l’échelle sociétale. Pornographie omniprésente, culte de la jeunesse, hygiénisme rampant, industrie cosmétique agressive se cachent en effet derrière le masque du consentement des femmes à se séparer des derniers poils qui leurs restaient sur le corps.

Amateur de sexes touffus et chantre de la diversité des corps, Stéphane Rose a mené l’enquête pour comprendre les raisons de ce tsunami dépilatoire. À la croisée de l’enquête journalistique, de l’éloge érotique du poil et du pamphlet sans concession, un plaidoyer pour la réimplantation des poils pubiens dans les petites culottes !

Mon avis :

Dans ce livre, Stéphane Rose réalise une enquête sociétale à travers laquelle il remet en cause la norme imposée aujourd’hui aux femmes d’avoir le sexe épilé. Il défend son sujet, il s’indigne, il dénonce tout en restant très ouvert d’esprit. En effet, bien qu’il soit amateur de poils dans les petites culottes, il n’a absolument rien contre les femmes qui décident de s’épiler, à condition qu’elles le fassent pour elles-mêmes et non pas pour plaire à un homme ou pour répondre à un des nombreux critères de beauté que nous impose la société actuelle.

« Et si la chatte poilue est une espèce menacée, il ne sera pas dit que je l’aurais laissée s’éteindre sans avoir combattu pour sa préservation. »

Il tente alors de comprendre les raisons de cette éradication des poils, en nous rappelant que la majorité des femmes ne réfléchissent pas et ne s’opposent même pas à ce diktat de la chatte lisse.

« Or, depuis le début des années 2000, l’épilation intime n’est plus une question de mode, encore moins de choix ou de libre arbitre : une majorité de femmes ne sont simplement plus maîtres de leurs poils pubiens et les épilent docilement, à des degrés divers, sans se questionner sur le sens de leur geste. »

Selon lui, cette disparition des poils s’explique par trois forces complémentaires : la pornographie, l’hygiénisme et le mercantilisme. L’auteur développe ensuite ces différents arguments de façon détaillée et intéressante, enrichissant son propos d’anecdotes, de statistiques et d’aberrations relevées notamment au sein des nombreuses arnaques commerciales.

« Mais la palme de l’humour de chiffre est atteint, toujours chez Acorelle, avec le très cocasse ‘soin inhibiteur de pilosité illuminateur de peau à la truffe noire’, qui promet une ‘réduction de la densité pileuse après 56 utilisations’ (56 hein, pas 22 ni 72 ; 56). »

Il nous livre ensuite son procès du poil pour tordre le cou à cinq des principales idées reçues sur le sujet concernant, entre autre,  les préférences des hommes, les sensations sexuelles ou l’hygiène.

Nous retrouvons ici la rigueur de Stéphane Rose qui, comme dans ses autres livres, nous présente un travail complet, sérieux et pertinent sans jamais se départir de sa plume mêlant humour et intelligence de manière fluide.

Que l’on partage son avis ou non, nous ne pouvons que passer un bon moment avec cet essai agréable à lire, qui, au-delà de sa défense des poils pubiens, prône la remise en question des normes actuelles imposées par notre société.

Je remercie Stéphane Rose ainsi que la Musardine pour ce bon moment de lecture.