John O'Ryan, un jeune irlandais, voit ses parents assassinés sous ses yeux pendant des vacances aux Etats-Unis. Il est alors recueilli par le gouvernement américain et intègre le projet « Ghost ». Le plan ? Former des orphelins, leur faire infiltrer les mafias les plus dangereuses du globe, et enfin détruire la criminalité mondiale. Nageant dans un brouillard peuplé de meurtres, de criminels, de mensonges et de complots, John va se débattre pour garder la tête hors de l'eau.

Mon avis :

Après avoir découvert et beaucoup apprécié la lecture de deux autres romans des Editions Chemin vert, et étant particulièrement attirée par son résumé c’est avec grand plaisir que j’ai attaqué la lecture de celui-ci qui s’est finalement révélé être un véritable coup de cœur.

La situation de départ est originale et donne envie de se plonger dans l’histoire. John, un orphelin est recruté par le gouvernement américain pour intégrer le projet « Ghost », un projet qui a pour but de faire baisser la criminalité mondiale. Après une formation militaire et de nombreux entraînements, John, comme d’autres infiltrés, rejoindra la mafia. Celui-ci sera infiltré au sein des Bloody Clovers, représentant la mafia irlandaise.

« Officiellement, il était un criminel et n’avait pas tardé à être contacté par la mafia grâce à ses multiples talents. Officieusement, il travaillait comme infiltré pour le gouvernement. Il faisait partie du projet Ghost ; projet top-secret ayant pour but de prendre le contrôle des nombreuses mafias qui pullulaient sur la planète pour réduire puis faire disparaître la criminalité. »

« Ainsi naquit le projet « Ghost ». L’idée : recruter des orphelins n’ayant pas d’attache, leur procurer une éducation plus que complète et une formation militaire à toute épreuve, les envoyer infiltrer les mafias, et enfin attendre le moment opportun pour lancer la phase finale du plan. »

Ce roman, divisé en deux parties, nous entraîne dès les premières pages, les rebondissements s’enchaînent à un rythme soutenu malgré un suspens savamment dosé. L’intrigue, mise en valeur par une plume de qualité, est ensuite maîtrisée tout au long de l’histoire. Ce roman comporte sûrement quelques maladresses mais pour une fois je ne les ai pas relevées, étant totalement absorbée par ma lecture.

Cependant, bien que je n’y connaisse pas grand-chose à l’univers de la mafia, je n’ai pas senti de détails invraisemblables. J’ai d’ailleurs apprécié cette immersion au cœur de la mafia, nous permettant d’en apprendre un peu plus sur son fonctionnement, sur les guerres entre les clans mais également sur les liens et valeurs qui unissent les hommes au sein de cette organisation.

« Jimmy essayait de contenir sa colère, mais il ne pouvait nier l’évidence. Un de ses protégés essayait de le niquer. Il avait une balance au sein de sa « famille ». C’était intolérable. Il attrapa son verre encore rempli de whisky et le jeta contre le mur. Le verre explosa et apaisa légèrement sa fureur. »

Le vocabulaire, parfois cru, est toujours adapté aux situations. La violence, assez présente, est néanmoins parfaitement bien dosée et n’en deviens jamais lourde malgré quelques scènes de torture assez difficiles. Sans oublier quelques touches d’humour distillées ça et là à l’aide de jolies formulations.

« Il se mit sur le côté et décrocha non sans insulter au préalable la mère pourtant innocente du sombre idiot qui osait le déranger à un moment aussi crucial.»

« Matt se rendit compte qu’être dans la ligne de mire d’un uzi en étant armé d’un simple glock, c’était pas évident. La taille comptait peut-être un minimum au final.»

Les personnages, quant à eux, sont bien travaillés. Ils ont chacun leur univers, leur propre caractère. Je dois avouer avoir eu un réel coup de cœur pour John. Cet infiltré jouant l’idiot mais qui est pourtant très intelligent et qui fait preuve d’une grande humanité. En effet, celui-ci ressent un certain dégoût vis-à-vis de son comportement, il vit très mal ses actes et aimerait réparer ses meurtres. Malgré ses agissements, il est un personnage auquel on s’attache très rapidement.

« J’ai tué une soixantaine de personnes pour survivre. Des criminels, certes, mais des humains quand même. Je porte le poids de ces meurtres. Je ne peux oublier les visages de mes victimes. »

J’ai également bien apprécié la fin qui évite totalement les clichés de la niaiserie et nous livre un dénouement réaliste nous laissant l’espoir d’une suite à ce récit. Les descriptions étant complètes et pertinentes, j’ai eu l’impression de visualiser les scènes tout au long de l’histoire et davantage encore lors des quelques pages avant le dénouement final où j’ai été absorbée par ma lecture au point de partager le stress des différents protagonistes. Ce roman donnerait, à mon avis, un film de grande qualité s’il était adapté à l’écran.

Voici donc un livre qui m’a fait passer un très bon moment et que je recommanderais sans hésiter. Il s’agit, en effet, d’un roman difficile à refermer, qui arrive à nous toucher, à nous faire douter mais qui finit toujours par nous emporter, allant jusqu’à nous faire souhaiter la mort d’un individu pour en protéger un autre.

Je remercie donc le forum Au cœur de l’Imaginarium ainsi que les Editions Chemin vert pour ce très beau coup de cœur.

 

A noter que ce roman a été publié dans le cadre du programme "Nos lecteurs ont du talent" des Editions Chemin Vert. Vous pouvez retrouver la totalité de ces publications sur ce lien : http://www.chemin-vert-editions.com/site/catalogue-site-chemin-vert-&2&0&0&1.htmlONZE NOUVEAUX TITRES AU CATALOGUE