Résumé :

Elle l’avait pressenti à l’instant même où elle mit un pied sur les pavés de la place Venceslas : plus rien ne serait jamais plus comme avant: Prague l’avait prise, comme récupérée d’une promesse qui lui avait échappée il y a bien longtemps, et ne la rendrait qu’au prix du sang.
Suivez donc Alice au pays des (mer)veilles au gré de douze courtes nouvelles qui, sans rapport apparent, tissent pourtant une seule et même toile.
Laissez-vous porter par la magie du fantastique lorsqu’il se fait pansement sur les cœurs endeuillés.
Plongez enfin dans l'univers poétique et troublant d’une histoire d’amour hors norme où la mort se fait rédemptrice.

 

Mon avis :

Voici le premier livre de CKSCHMITT que je lis. Je ne connaissais pas cette auteure, mais après une petite recherche, je n’ai lu que du positif sur son ouvrage précédent. J’avoue cependant avoir commencé la lecture de celui-ci en me disant qu’il devrait être vite lu en raison de ces 62 pages. Alors, oui, il est effectivement vite lu mais wahou, quelle lecture ! L’histoire est intense dès les premières pages. La taille et le nombre des chapitres - 12 dans ce livre – pourraient laisser supposer un manque de détail, des difficultés de compréhension de l’histoire, alors que pas du tout. Ces douze petits chapitres suffisent à nous faire plonger au cœur d’une histoire d’amour, de son début jusqu'à une fin tragique et pourtant pleine d’espoir, sans que rien ne nous manque. Il s’agit d’un récit magnifique, court, direct et qui, pourtant, dit tout. Les phrases sont belles et respirent l’amour, la passion, la souffrance aussi, parfois, l’utilisation des mots est maîtrisée, le style –bien qu’inhabituel – est percutant. En effet, dans ce récit nous ne retrouvons pas de longues descriptions, pas de transitions entre les chapitres, pas énormément de détails sur les personnages et pourtant la magie opère et nous emporte dans l’univers de l’auteur sans jamais nous laisser l’impression d’un manque d’informations.

La situation de départ pourrait paraître simple, mais elle est pourtant complexe de par les liens qui unissent les êtres, regroupant les peurs et espoirs de deux protagonistes, chaque chapitre retrace ensuite l’évolution de l’histoire. Alice et Viktor entretiennent une correspondance par le biais de lettres échangées, correspondance censée assurer la continuité de leur relation. Mais ils finissent par surmonter leur peur de souffrir, pour laisser naître une belle histoire entre eux.

Ce roman aborde ensuite différents sujets qui ne peuvent que nous toucher comme la peur de perdre l’être aimé, puis la solitude, le manque affectif, le deuil et enfin l’acceptation et le retour de l’espoir. Il nous livre également une jolie réflexion sur l’amour et son lien avec l’éternité.

« L’amour est une légende. Aussitôt naît-il dans les bras de l’esprit qu’il meurt une fois que le corps le fait. Une petite mort dans laquelle on se perd jusqu’au moment où l’on s’en défait. Il malmène les chairs et la raison, pousse à d’odieux compromis, rend amnésique ou aveugle et toujours endolorit. Voici le sentiment le plus noble qui soit dont chacun fait pourtant son chemin de croix. Car s’il se corrompt lorsqu’il se dit, se fait ou se vit c’est que l’on n’aime guère autant ni aussi longuement celui ou celle que l’on n’aura jamais. »

Voici donc un roman vrai, qui sonne juste, que je ne pourrais que conseiller. Je remercie le forum Au cœur de l’Imaginarium ainsi que CKSCHMITT pour cette agréable lecture.